Stijn Cole 3/4 > 30/7/2017

Après Marie-Jo Lafontaine, Koen Vanmechelen, Hans Op de Beeck et Jean-Luc Moerman, Stijn Cole présente ses œuvres dans la Maison des Artistes et au château.

Pour son exposition au Château de Chimay, l’artiste belge, Stijn Cole, présente une série d’ensembles de son oeuvre qui reflètent la nature, l’histoire de l’art, l’écoulement du temps et, plus spécifiquement, le cadre féérique du château et la signification symbolique pour l’artiste de la région environnante. Bien qu’ayant démarré sa carrière artistique à Gand, Stijn Cole a installé son atelier il y a quelques années dans le village de Seloignes, à un jet de pierre de Chimay. Le paysage de la région joue depuis un rôle important dans son travail conceptuel.

L’exposition 1:1 fait référence à l’échelle ou la proportion, avec lesquelles l’artiste joue dans maintes de ses œuvres, mais également au rapport entre la nature et la peinture et entre son travail et le cadre unique du Château de Chimay. A la fois, l’exposition est également une invitation à un dialogue intime, un à un, entre l’artiste et le spectateur.

Le drapeau monumental qui accueille le visiteur dans le jardin devant le château est la représentation du lever de soleil à Chimay le 14/02/2017. Un lever de soleil est naturellement un thème populaire parmi les photographes et peintres (amateurs). Cependant, la manière dont Cole représente un lever de soleil est très différente : il s’agit plutôt d’une ligne du temps qui permet, de gauche à droite, de voir le changement de la nuit vers le jour. Pendant plusieurs heures, Stijn Cole a pris une photo digitale du ciel toutes les minutes et a ensuite, avec l’aide d’un logiciel informatique, calculé la couleur moyenne de chaque photo qu’il a placé dans sa composition en lignes verticales les unes à côté des autres de manière chronologique. C’est ainsi que le drapeau représente les couleurs du ciel et est, en même temps, en dialogue direct avec les couleurs du moment.

 

Dans l’imposante cage d’escalier du château, Cole présente deux nouveaux dessins, chacun accompagné d’une photo de l’œuvre originale qui a inspiré le dessin. Les images ont été photographiées à travers un cadre en métal de 115×175 cm, à une distance de 2 mètres. Les dessins ont été réalisés de la même taille que le cadre, le disque rond posé par terre indique la position à partir de laquelle l’image 1:1 a été prise. La photo a été prise dans le parc privé du château et représente des arbres repris dans la liste des arbres d’exceptions en Belgique. A travers cette œuvre, Stijn Cole rappelle la recherche caractéristique de l’artiste des proportions justes et du cadrage pour ainsi créer la meilleure composition.

 

 

 

A côté de la salle des armes se trouvent deux sculptures en cire d’abeille, réalisées dans la taille de la table à manger royale. Les sculptures semblent chacune représenter un paysage mais sont, en réalité, une impression de taille réelle du Mont Sainte-Victoire (près de Aix-en-Provence), le mont devenu célèbre grâce à Paul Cézanne qui l’a peint plusieurs fois depuis plusieurs perspectives.

Stijn Cole a réalisé des empreintes sur place de morceaux du paysage rocheux. Beaucoup de sculptures ont été réalisées en honneur des dieux, saints et héros. Les sculptures de Stijn Cole sont un hommage à ce mont qui a participé aux débuts de la peinture moderne.

Dans une salle d’accueil du château se trouvent deux tables rondes dont Stijn Cole a remplacé le dessus de table par un plateau en verre sur lesquels se trouvent des photos en haute résolution, prises avec un télescope hubble. Ces images de l’espace représentent une vue étourdissante sur l’infinité de l’univers mais pourraient également passer pour des images trompe-l’œil d’un beau marbre sombre, une matière que nous pouvons assurément rencontrer dans un château tel que celui de Chimay.

Dans le magnifique petit théâtre baroque du château, Stijn Cole a placé deux peintures formant un ensemble qu’il a appelé Colorspaces. Pour ses Colorspaces, Cole a utilisé des images de paysages trouvées sur internet ou prises par lui-même, qu’il a, à l’aide d’un processus digital, transformé en un paysage entièrement nouveau. Grâce à un simple logiciel informatique, 256 des couleurs les plus présentes dans chaque image sont ordonnées du plus clair au plus foncé. De cette façon, on a de nouveau l’effet d’une ligne d’horizon avec les couleurs claires au-dessus et les couleurs foncées en bas. Ces données digitales des couleurs permettent ensuite de recréer de manière exacte 256 couleurs de peinture qui sont transférées sur une toile. Pour ce diptyque, Stijn Cole a utilisé une photo panoramique du paysage montagneux de Sankt Gilgen (Autriche) en été. La plus grande des deux peintures se trouve à hauteur du premier plan du podium et incorpore l’image photographique du paysage montagneux dans son entièreté, la plus petite (bleue) se trouve un mètre plus loin en profondeur, à hauteur de la deuxième scène et représente les couleurs qui se retrouvent dans le fond de la photo (à savoir les sommets des montagnes se trouvant au loin et le ciel). Cette œuvre rappelle directement les nombreux paysages du seizième siècle où l’avant-plan est la plupart du temps vert et brun tandis que l’arrière-plan est peint dans des tons bleus, pour ainsi représenter un paysage panoramique très étendu. A côté du diptyque ‘Sankt Gilgen en été’, l’artiste présente aussi cinq plus petits diptyques, qui sont à chaque fois une invitation au voyage imaginaire avec des couleurs magnifiques, issues, entre autres, d’une Ecosse dans le brouillard, d’un désert mexicain, ou du mont Fuji au Japon avec ses cerisiers en fleur… A travers ce travail, Stijn Cole se distingue de manière unique en tant qu’‘impressionniste conceptuel’.

Dans la Maison des artistes se retrouve un ensemble à travers lequel Stijn Cole entre en dialogue avec le travail de Marthe Wéry, une artiste qui a également passé une partie de sa vie dans la région (dans le village Macquenoise) et y a réalisé une partie de son travail. L’été 1976,

Marthe Wéry a réalisé une de ses œuvres phares : ‘soixante journées d’été’. Pour son œuvre, Stijn Cole s’est basé sur le calendrier qu’a utilisé Marthe Wéry, à savoir soixante jours d’été, pour créer sa propre version quarante après l’originale. Chaque période temporelle représente le coucher du soleil d’une journée de l’été passé, à chaque fois de 19h à 24h. Chaque minute, il a pris une photo du champ derrière sa maison qui s’oriente vers l’ouest. Les photos sont retravaillées à l’ordinateur sur base d’un calcul de la moyenne des couleurs qui représentent, de gauche à droite, l’évolution du coucher de soleil en question. Dans les vitrines, les photos sont rangées par mois d’été.

Le travail de Stijn Cole est une invitation au voyage à travers le temps et l’espace, de la région de Chimay jusqu’au Mont Sainte-Victoire, de la belle Autriche jusqu’à l’espace infini. Comme beaucoup d’artistes avant lui, Stijn Cole essaye à sa manière de sublimer l’expérience de la nature à travers une œuvre où la couleur, la lumière et les proportions harmonieuses jouent un rôle essentiel.

Pas loin du domaine du château, dans l’église de Chimay, Stijn Cole expose son triptyque Fisterra. L’œuvre a été réalisée à la fin d’un voyage à Santiago. Elle représente une vue sur la mer en trois directions depuis Cabo, Fisterra, la fin du monde, en direction de l’inconnu.

L’œuvre est montée devant l’orgue, la sculpture se trouvant devant représente Sainte-Cécile. Dans le travail en bois se trouvent trois rocailles, symboles du chemin de pèlerinage dans cette église qui se trouve sur le trajet d’un des caminos en direction de Compostelle.

Stijn Cole (°1978 Gand) a exposé, entre autres, au Musée Roger Raveel à Machelen (2016), Fonderie Darling Montréal (2015), C-Mine Genk (2013), Kunstverein Schwerte (2012), Be-Part Waregem (2012), Musée des Beaux-Arts de Gand (2010), Kunstverein Ahlen (2006) et le Musée Dhondt-Dhaenens Deurle (2006). Il collabore avec la Galerie Wenger (Zürich) et Redgallery (Anvers).